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Aujourd’hui, j’ai décidé de faire un billet un peu particulier pour parler d’un puzzle-game nommé « A Normal Lost Phone ». Jeu que j’ai découvert grâce à Sigma, du forum xxy, qui avait ouvert un sujet à ce propos il y a quelques semaines.

Pourquoi parler d’un puzzle game sur mon blog ?

Oui, pourquoi ? Je te signale que tu as déjà fait un article complet sur Mario Maker, alors qu’on en avait rien à secouer ! Sérieux, qui s’intéresse à un type moustachu qui rentre dans des tuyaux pour aller sauver une princesse abonnée à l’enlèvement ?

Garfield

Question justifiée, je vous l'accorde. La raison étant qu'après un certain temps de jeu, le rapport avec le monde T finit par se dessiner. Rapport non visible au début du jeu.

Le jeu a été développé par Elizabeth Maler, Rafael Martinez-Jausoro, Estellation, Victoria Guillon, Dimitri Landais et Simon Bachelier.
Je sais que vous en avez rien à faire, mais il est d'usage de citer les principaux créateurs.

Le concept du jeu est assez simple. Perdu ou abandonné, vous trouvez un smartphone dans la rue.
Une personne convenable tel que moi aurait essayer de tout faire pour retrouver son propriétaire, mais ici, le but sera plutôt de découvrir la vie du propriétaire, nommé Sam.

Force est de constater que l’on peut laisser beaucoup de trace sur un téléphone moderne, à travers sa messagerie, ses photos, son agenda ou ses applications (donc certaines seront verrouillées). Les possibilités me laissent penser que le genre du puzzle-game est une excellente idée.

Un point intéressant dans le jeu est dû au temps que l’on passe à essayer de reconstituer le fil de l’histoire, des sorties et des relations de Sam, en essayant de s’imprégner du personnage et comprendre ses aspirations, ses angoisses.

On finira par trouver deux codes, codes qui nous amèneront à l’historique de messagerie d’un site de rencontre. A nouveau, on devra trier, recouper les éléments avec sa première messagerie afin d’avancer dans le jeu.

Ce jeu m’a marqué car je me suis reconnu dans cette mésaventure et dans cette personne. Chose suffisamment rare pour que je le notifie.

Dans la suite de ce billet, je donnerai la solution. Mais je vais surtout donner le cheminement que j’ai eu pour la trouver. Donc, si vous souhaitez tenter le jeu, ne descendez pas en dessous de la zone de spoil ! Je vous préviens, j’ai mis une heure et demi à trouver la solution, cela ne se termine donc pas en quelques minutes.

Mon petit, je vais t’apprendre deux ou trois trucs de marketing. Si tu invites les gens à quitter ton article dès l’introduction, c’est que tu n’as rien compris !

Bugs Bunny, mon manager

Effectivement. Mais si vous n’arrivez pas à finir le jeu ou si vous avez déjà essayer en vain. autant lire le reste.

J’oubliais, tête en l’air que je suis, voici le lien : http://www.dimitri-landais.fr/temp/GGJ2016/#fr

 

Zone Spoil

Le jeu nous invite au début à lire les derniers messages reçus qui nous feront comprendre que le portable a été perdu.
La première phase, s’imposant d’elle même, consiste à lire les messages des différents contacts. Je conseille d’ailleurs de prendre des notes au fur et à mesure, pour retrouver au plus vite les informations essentielles.

On catégorise assez rapidement les personnes primordiales au jeu :

  • celles du club de jeux de société
  • celles du club de lecture
  • la famille (principalement sa mère et son père, car les messages de son oncle ne sont vraiment pas palpitants)
  • la petite amie, Mélissa (qu’il quittera, au cours de l’aventure)

Après une première passe dans la messagerie, on essayera ensuite de recouper avec les autres applications du téléphone. Notamment l’agenda et l’album.

La photographie de son père qui souffle les bougies m’aura donné du fil à retordre. Je suis parti dans un délire où je pensais que sa date de naissance (2015-54 = 1961) était importante dans la résolution du jeu.

En réalité, pas du tout, j’ai perdu une bonne demi-heure sur cette piste à faire des calculs savants, ce qui n’amenait à rien, évidemment.

On tourne en rond. Puis on recommence à lire les messages. On finit par extraire quelques messages importants pour le fil de l’histoire.

Lors d’une soirée « jeux de société », on pressent que Sam (le personnage) a révélé une information importante à Lola. Qui l’empêchera de retourner à ses soirées.

En parallèle, Sam fait une sortie secrète, mentant à ses parents.

Que l’on peut recouper avec les photographies de cette journée :

Je n’avais pas fait le rapprochement au moment où j’ai joué, mais ce drapeau arc-en-ciel est le drapeau utilisé comme symbole par la mouvance LGBT. Autant l’avouer, mes connaissances de ce mouvement sont, sur l’échelle de Richter, assez faibles.

On comprend donc que le personnage doit avoir une vie secrète. Et que c’est probablement la raison qui l’a poussée à rompre avec sa copine (bien que l’on soit dans une conjecture totale à ce moment du jeu).

Deux messages vont permettre de comprendre le mécanisme des codes.

Les codes doivent donc être une date ! Une date avec le mois en premier, donc sous le format MMDD.

J’ai essayé de nombreuses combinaisons, en cherchant des dates symboliques (un anniversaire de rencontre, le premier baiser etc.). Mais j’étais à côté de mes pompes.

Les deux dates correspondent simplement à sa date de naissance et à la date de la rencontre LGBT.

Sésame ouvre toi !

Le profil masculin amène vers 0 message.

Le profil féminin amène vers un nombre incalculable de messages.
Messages à base de lourdeaux : « j’ai un grand appart », « ça va ma belle », « gros engin ». « et plus si affinités ».

Les seuls échanges qui vous aideront seront les échanges avec Phil. Echange tout à fait normal dans la vrai vie véritable, mais qui semble rarissime sur un site de rencontre.
Probablement une critique de la surabondance des types à la libido débordante sur les sites de ce type. M’enfin, « Les cons, ça ose tout, et c’est même à ça qu’on les reconnait », et depuis 1963, cela n’aura pas changé.

Bref, grâce à cela, on découvrira que la calculette (dont je pensais que l’utilité était de faire un calcul de date) cache son journal intime.

Lire le journal intime sera la cerise sur le gâteau. On peut reprendre la chronologie complète et enfin répondre à la question du pourquoi du comment.

On comprend que Sam s’est toujours présenté dans son club de jeu de société en tant que femme (ce qui explique certains points).

On ressent son désespoir lors du coming-out forcé à Lola qui s’est mal passé. Comment oser faire d’autres coming-out après une telle déconfiture ?

On comprend les difficultés que Sam a pour cacher sa vie. Il s’en veut de mentir, à sa copine, à sa mère.

Pourquoi ce jeu m’a marqué ? Car le personnage rencontre les mêmes problématiques que moi.
Mes problèmes fondamentaux ne seront jamais de savoir comment assortir une jupe avec un haut (je n’ai d’ailleurs aucun goût), ou comment acheter la panoplie de wonder-woman.

Mon problème fondamental est le malaise que j’ai à mentir en permanence à mes proches.

Le jeu est très bien pensé car il amène brillamment ce ressentit. Le sujet vient doucement, surement avec un atterrissage maîtrisé qui donne tout le temps de s’imprégner du sujet.

 

Comme il est d’usage de terminer mes articles par une photographie qui n’a aucun rapport, let’s listen music !

Et ciao, joyeuses Pâques !