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Le Journal de Bord

par | Juin 3, 2016 | Mon monde | 2 commentaires

 

 

 

Contrairement à mes deux précédents articles qui se voulaient plus sérieux, je souhaitai redonner un petit brin d’humour à mon blog. En utilisant un style moins pompeux et une écriture plus proche du parlé.

Pour ce billet, le format m’aura été inspiré par le livre « Trop Bonne, Trop Conne ! » d’Anne Boutelant.

L’ensemble des anecdotes est véridict, mais condensé sur quelques jours.

Let’s go !

LUNDI

 

7h45 – Le réveil du lundi

Comme chaque jour en semaine, mes yeux s’ouvrent à 7h45, réglés comme du papier à musique.

Il ne m’aura pas fallu deux secondes pour prendre conscience que c’était la fin du week-end. La dure loi de la réalité.

J’allume la lumière, mes fringues de la veille traînent encore sur la table à repasser. Trop eu la flemme de tout ranger correctement. Bon, on verra ça plus tard, je n’ai pas le temps de niaiser(1).

8h00 – Analyse statistique de la route

Le temps que la tisane infuse, j’allume l’ordi pour voir le trafic sur la route. On a vu mieux, mais on a vu pire. À défaut, aucun accident n’est annoncé.

J’engouffre mon petit déj’ (deux krisprolls, je n’ai pas trop d’appétit), je laisse tout le barda sur le bord de la table, la vaisselle attendra le soir. Oui, le lundi matin, je repousse beaucoup de chose au soir même…

8h20

Je me mets en mode marmotte devant le radiateur à air chaud. Je ferme les yeux. Je m’imagine au bord de la mer, sous le soleil des cocotiers. Une minute passe, deux, puis cinq. Il serait temps de se bouger les miches sous peine d’arriver en retard au boulot.

Second retour à la réalité de la journée. Je dois enlever la french manucure que je me suis emmerdé à faire le samedi soir. Je suis dég’. Je lime ou je lime pas ? Je n’ai pas le temps de limer, tant pis.

Allez, j’enfile mon costard 95% laine (oui, je suis précis, ce n’est pas 94%), je fais mon demi-windsor inversé avec ma cravate, et je décolle.

10h07 – À la bourre

Un blaireau est tombé en panne à la frontière entre temps sur la route. Je pointe seulement après 10h. Ce terrible moment où tu arrives dans le bureau, en mode cow-boy, dernier arrivé. M’enfin, ce n’est pas comme si c’était la première fois.

Je me mets sur l’ordinateur. Ordinateur que je n’ai pas éteint pour le week-end afin de m’économiser son temps d’allumage.

Oui, la planète me remercie !

10h20

Pause café ? Hum, ce serait un peu abusé d’aller à la pause avec mes collègues étant donné que je suis arrivé il y a dix minutes. De toute manière, j’ai une quarantaine de mail à dépiler, tout aussi passionnant que des trucs à épiler.

Allez, on sert les fesses en espérant qu’il n’y ait pas de problème grave dans le tas. De toute manière, si c’était le cas, on m’aurait sauté au cou en arrivant.

13h05 – La faim se fait attendre

Merde. Je n’ai pas faim, mais si je dépasse l’heure fatidique de 13h28, il n’y aura plus rien à becqueter nul part.

Allez, je vais au salon de thé du coin(avec un mécanisme de self). L’avantage du côté self, c’est qu’il n’y a pas un serveur qui vient me saouler pour me pousser à manger au lance pierre. Je me pose, je prends le journal et je bouquine une vingtaine de minute, le temps que l’appétit vienne.

16h02 – Stéphanie Round 1

Mes collègues, qui arrivent plutôt vers 7h du matin quittent le navire. Je vais pouvoir commencer à bosser sérieusement.

Enfin, je vais tout de même aller me servir un thé.

Je tombe sur Stéphanie du Datawharehouse. En général, dans les bouquins, les auteurs rencontrent toujours « Sylvie de la compta » ou « Sophie des ressources humaines », mais je n’ai pas choisi le nom des services, ici, cela sera Stéphanie du datawharehouse.

Le sujet qui fâche revient sur le tapis. J’aurai mieux fait de me cacher derrière une armoire.

J’applique ma règle extraite du parfait procrastinateur : « Pourquoi faire aujourd’hui ce que l’on peut faire demain ? »
Je lui réponds :

« Oui oui, j’ai encore deux ou trois trucs à régler, on en rediscute la semaine prochaine ?  »

Bonus Temps 7 Jours Acquis

GG Flo

19h45

J’arrive chez moi, je laisse tomber la cravate et la veste.

Je me connecte sur TS (non, ce n’est pas TeamSpeak). Ca va, journée calme, il n’y a pas trop eu de cas à gérer du côté de la modération.

Mais les gens n’ont pas toujours l’inspiration qui fuse. Encore une qui demande comment faire une fausse poitrine.

Il ne faut pas chercher midi à quatorze heure, tu prends deux Yoshi, c’est pesé et emballé. Merci au revoir !

23h22 – Ressemblances troublantes

Même dans Zelda, on me reconnaît quand j’arrive dans la taverne… Suspect cette histoire

 

MARDI

6h50 – Le réveil (difficile)

Le reveil sonne. Le coup de marteau sur la tête. Cela devrait être interdit de me faire lever avant 7h. En plus, je suis bien emitouflé dans ma couette, la galère pour m’en extirper.

Je suis déglingué, mais on m’a collé une réunion à 9h, il est préferable de partir vers 7h30,

Je me mets devant le radiateur à air électrique.

6h59 – L’endormissement (facile)

Heu, je me suis endormi debout devant le doux souffle du radiateur !

Allez, bouge toi Flo ! Il faut partir !

8h48

C’est bon; j’ai à peine fait 3 infractions aux code de la route pour arriver à l’heure. Nice, je pointe. Je prends l’ascenseur. Fière comme un perdreau d’arriver à l’heure à la réunion.

C’était quelle salle déjà ? Je regarde dans mon calendrier Outlook.

Réunion annulée

No fucking way ! J’ai…

Hum, comment décrire ce doux sentiment ? Pour résumer, la prochaine personne qui me fait lever une heure plus tôt pour rien, je lui fais avaler une couleuvre, façon Indiana Jones. Sans sauce, sans assaisonnement, en mode bien sanguinolent.

Cela me fait penser que le jour où j’aurai des enfants, ça va être le délire tous les matins comme ça, non ?

12h25 – Pardon ?

Le repas du midi. Anaïs arrive à mon bureau. Le petit moment de doute, puis revint ce moment où je me rappelle les raisons de sa présence. Sapristi (c’est cool comme expression), on devait manger ensemble.

Direction la cantine.

Jupe cintrée, chaussure richelieu noire, pas de manucure. Faut que j’arrête deux secondes l’analyse systématique des gens.

Oui, quand tu fais parti des membres de la ligue des ombres à paupière, tu finis par accorder un peu trop d’importance aux styles. Et pire, tu feinds l’indifférence pour paraître plus normale, moins, bizarre, aux yeux des autres.

Elle me dit : « Et alors ? »

Mes yeux de merlan fris s’ouvrent tranquillement. Et alors, et alors quoi ? De quoi qu’on cause.

« Ce nouveau trailer de Star Wars Rogue Nation. »

« Ah oui… Je suis un peu à côté de mes pompes, j’y pensais plus… (j’y pensais pas). On ne pourrait pas parler un peu d’autres choses ? (Cette fois-ci.) »

J’ai eu l’impression de me faire harceler de question pendant 30 minutes. Mais ouf, c’est terminé. Il est temps de retourner à nos étages respectifs.

 

 

Son Look

18h29

Je suis vanné pour aujourd’hui. Je profite du soleil pour quitter le boulot et aller faire quelques petites emplettes dans le centre commercial le plus proche. Inconsciemment, j’imagine tomber sur l’offre du siècle, alors que les magasins auront les mêmes articles que la semaine précédente…

La naïveté ne m’aura toujours pas quitté.

18h34 – Sephora

Direction Sephora (c’était écrit dans le titre en même temps).

À peine je franchis le pas de la porte qu’une vendeuse me saute dessus.

« Bonjour, vous cherchez quelque chose en particulier ? »
« Je cherchais un parfum mixte »
« Un parfum mixte… Je peux vous conseiller le CK one ? »
« Je l’ai déjà… »
« Bien que vendu au rayon homme, le CK Be est également beaucoup vendu aux femmes »
« Oui, j’en mets depuis la fin du collège, je le connais bien »
« Mais, pourquoi cherchez-vous un parfum mixte ? »

Question intéressante, mais pour laquelle je ne savais pas trop quoi répondre. Je bricole une réponse :

« Comme je suis un gros rapias, c’est pour offrir à ma copine et lui piquer après. Ca, c’est la grande classe ! »

Je rigole, elle rigole, et finit par me laisser tranquille. J’aurai fait chou blanc, tant pis.

18h52 – H&M

J’apprécie particulièrement ce magasin car jamais aucun vendeur ou vendeuse n’est venu me voir me demander ce que je souhaitai. Je peux errer dans les rayons tel un zombie sans risquer de prendre une balle à bout portant.

Une robe à 15€ qui a l’air cool. Allez, on prends. Une autre en promo à 10€. Soyons fou.
Un jupe à 10€, allez, c’est parti. Je prends une ou deux bagues, un collier.

Ce fichu trouble d’achat compulsif… C’est mauvais pour le portefeuille.

Je passe à la caisse.
« Je suppose que vous n’avez pas essayé les robes ? »
Silence. Je la regarde droit dans les yeux
La vendeuse surenchérie : « Enfin, cela pourrait faire un style. De mon côté, on m’a toujours dit que j’étais garçon manqué. »
« Hum. Ouais, pourquoi pas, de toute manière, je ne suis pas sectaire »

20h15 – Repas chez le paternel

J’ai promis à mon père de passer manger un morceau ce soir.
Voyant de la fumée de loin, je me doute qu’un barbucue est en route. (quand je dis au loin, je ne suis pas à 3 bornes non plus, sinon, la baraque serait en train de cramer)

On discute tranquillement. Et soudain :
« Ouah, mais tu as les ongles super longs »
« Hum, oui, effectivement »
« Faut que tu fasses quelque chose »
« Oui oui… Je vais me faire une french manucure, ça va être bien cool »

Le silence s’installe. En général, les gens ne savent plus quoi répondre quand je répond ça. On change de sujet, c’est parfait.

« Un petit dessert ? »
Non Papa, ça fait trente ans que tu me connais, je ne prends jamais de dessert…
« Une moitié de dessert alors ? »

….

Il est temps de rentrer.

MERCREDI

7h15 – L’éternel optimiste

J’ai prévenu le boulot que j’arriverai un peu plus tard au boulot, vers 10h15… J’entends déjà les remarques de mes collègues : « 10h15 ? Ouais, comme d’hab en fait, tu te foutrais pas de nous Flo ? »

J’ai un rendez-vous chez la dermatologue à 9h pour une plaque bizarre sur ma jambe. Cela fait juste deux mois que j’attends le rendez-vous, je suppose que ce n’est pas bien grave, sinon je serai mort au moins 3 fois. Minimum.

Mode Optimiste Activé

8h45 – Mission Parking Impossible

Impossible de trouver une place de parking. Je vais arriver à la bourre (arriver en retard n’est donc pas l’exclusivité du boulot, je précise) !

Je m’invente une place imaginaire sur un trottoir, en me convaincant que cela doit bien être une place. Je suppose que c’est mieux que de stationner devant une bouche d’incendie. Allez, je ne risque pas de PV, on y croit, on y croit.

9h24 – Mademoiselle, ma jambe est plus basse

Je suis reçu… Après 24 minutes d’attente. Je suis quand même bien con de m’être pressé et d’avoir stressé pour ça.

On démarre le rendez-vous.

Elle veut regarder mes mains… D’accord… Elle veut regarder mes mains pour un problème… à la jambe… Soit, je n’ai pas fait d’étude en dermatologie, cela doit être une technique qui va bien au delà de mes compétences et connaissances médicales.

« Ne feriez-vous pas de guitare ?  »
« Heu…. Pardon ? (attends, elle me drague ou quoi ?) »
« Oui, je vois la longueur de vos ongles et je me dis que vous devez faire de la guitare »

(Non, mais c’est pas vrai, laissez-moi tranquille !)

Après 5 minutes, elle m’annonce que je dois faire des analyses plus poussées, elle ne sait pas si c’est des champignons ou autres choses. Mais autant vous le dire, si c’était des champignons, je vous garantis que cela ne doit pas être des girolles.

9h59

Le cabinet d’analyse est juste à côté, j’y fais un saut pour prendre rendez-vous.

Après quelques échanges, je découvre qu’ils peuvent me prendre tout de suite. Hum, vu comment je suis déjà à la bourre pour aller au travail, je ne suis plus à une heure près, c’est parti.

Si j’avais su qu’on allait me gratter la jambe pendant trente minutes, j’aurai pris un bouquin pour passer le temps.

11h16 – Indigestion de clown

J’arrive enfin au boulot (en ayant évité le PV).

« Désolé, on m’a tenu la jambe pendant trente minutes… True story ! »

(c’est d’ailleurs l’origine de l’expression. Mais cela n’a fait rire personne… Ce moment de solitude)

11h32 – Mode Calimero

« On va se faire un ramen Flo, ça t’intéresse ? »

Pire que prendre une pause 30 minutes après être arrivé, aller manger 15 minutes après. Bon, professionnellement parlant, je ne suis pas en odeur de sainteté aujourd’hui, je ne vais peut-être pas abuser plus qu’il n’est possible.

« Non, merci, j’ai prévu de manger un bout de pain vers 13h30. Ca va être cool… Et je vais peut être m’autoriser un peu d’eau. C’est jour de fête… Youhou… »

14h34 – Stéphanie Round 2

Stéphanie du datawharehouse m’appelle. Elle est en panique.

J’essaye de la rassurer car elle ne peut toujours pas faire son reporting. Elle stresse mais cela fait six mois que les utilisateurs attendent… On est plus à une semaine près.

Je finis pas être à court d’argument pour la remotiver. Je décide donc de remballer ma réthorique pour me limiter à acquiescer bêtement.

« Oui … Bien … Evidemment … C’est un fait … Bonne idée … Pourquoi pas … C’est sûr »

19h05 – Les questions existentielles dans les bouchons

Je n’ai pas vu l’heure passer, il est temps de décoller.

Sur la route, je me rends compte que le frigo doit être vide… Vide ? Enfin, il doit renfermer quelques spécimens qu’il vaudrait mieux mettre à la poubelle. Je ne sais pas pourquoi les gens ont la manie de garder certains aliments alors qu’ils savent pertinemment qu’ils ne l’utiliseront pas avant leurs dates de péremption… Enfin, je dis « les gens », j’en fais parti également.

Je bricolerai un plat végétarien.

19h56 – L’apéro !!!

Quand je disais que le frigo était vide, il contient tout de même 10 sortes de bières différentes. Car l’apéro, ça se respecte !

21h10 – This is the end, my friend

Je démarre la mise en page d’un billet sur mon blog. En espérant que la lecture et les photographies plairont aux lecteurs et lectrices assidus et assidues. « As usual », les photographies sont de moi, ce qui me permet de mélanger plusieurs passions.

J’ai souhaité montrer ma vie de tous les jours. Entre boulot, miam miam, apéro, trajet, jeux, sortie et seconde vie. Les gens s’imaginent que je suis en look complet (comme on dit dans le bouchonnois) en permanence, alors que ce n’est qu’occasionnel.

Mais le fait que cela soit occasionnel n’empêche pas que tout ceci soit important à mes yeux.

Ciao !!!

J’ai l’air de me marrer, mais le gros titre du journal n’a rien de marrant !

Je réinvente l’expression : « La plume est plus forte que l’épée »

(1) niaiser

Je me suis rendu compte, en cherchant l’étymologie de l’expression, que c’était Québécois…. Pourtant, je croyais dur comme fer que c’était une expression Française.

NB : Toute détection d’une faute d’orthographe sera gratifiée d’un humble, mais honorable : « merci, t’es trop cool !!! »

Post-scriptum :

À Cristofine :
« merci, t’es trop coooool ! »

À Hyacinthe :
« merci, t’es trop cool !!!! »

À Laureline 117 (longue lignée ou fan d’OSS 117, à voir) :
« merci, t’es trop coool !! »